J’ai testé le yoga irano-égyptien : une expérience vibratoire et énergétique
Je connaissais déjà le yoga des pharaons (ou yoga égyptien) transmis par Babacar Khane et inspiré de l’imaginaire de l’Égypte antique. Celui-ci m’inspire régulièrement dans mes cours. Les postures évoquent parfois des hiéroglyphes vivants : bras en chandelier, enracinement des pieds, mouvements symboliques rappelant des éléments naturels… Mais lors de cette nouvelle expérience de yoga irano-égyptien, c’est l’utilisation de la voix et des vibrations sonores qui m’a particulièrement bluffée. Le yoga irano-égyptien est une pratique ancestrale issue des traditions de la Perse antique et de l’Égypte ancienne, combinant postures dynamiques, respiration rythmée et chant des voyelles pour une approche énergétique unique.
La séance mensuelle où je me suis présentée un samedi matin pluvieux non loin du marché des lices à Rennes s’est déroulée dans une petite salle chaleureuse, où tout semblait pensé pour favoriser le calme. L’accueil bienveillant de l’enseignant de yoga, Patrick Jules, a aussi beaucoup compté. Lors de la séance, sa manière de parler était posée, précise, sans mise en scène excessive. Il guidait les mouvements avec une grande simplicité et une belle progression, comme s’il déroulait un protocole parfaitement maîtrisé au fil des années. Chaque étape semblait avoir sa place : la respiration, les postures, les sons. Rien ne paraissait improvisé. Cette structure très fluide mettait rapidement en confiance, même pour quelqu’un qui découvre la pratique.
Dès le début de la séance, l’enseignant nous a dit que nous allions accompagner les postures d’un chant puis de sons « A, È, É, I, U, OU, EU, OM ». Autant les postures et la respiration profonde me semblaient familières, autant utiliser ma voix en pratiquant des postures était quelque-chose de nouveau pour moi. Il a aussi expliqué que cette pratique agit sur les systèmes nerveux, glandulaire et endocrinien grâce aux étirements en dynamique et aux vibrations vocales, en stimulant différentes zones du corps notamment celles liées aux glandes thyroïde, surrénales ou encore la région abdominale.
Puis nous avons commencé. Cela n’est pas facile quand c’est la première fois de synchroniser les mouvements et les sons. Pas facile non plus de tenir la note jusqu’au bout de l’expiration ! Mais j’ai quand même pu ressentir une vibration dans la poitrine, le sternum ou le ventre, comme un massage intérieur. Chaque voyelle semblait agir différemment sur l’état mental et sur le corps. Le « I », plus aigu, me demandait davantage de concentration. Le « OU » produisait une sensation très profonde, presque enveloppante. L’articulation de l’ensemble des sons à la suite me faisait ressentir comme une énergie qui circulait dans différentes parties du corps.
Ce qui m’a aussi frappé, c’est la manière dont la voix modifie la perception des postures. Habituellement, dans beaucoup de cours de yoga, on cherche surtout à contrôler le corps. Ici, le son transforme complètement l’expérience. Les postures sont exigeantes mais sont restées accessibles et surtout adaptables. En revanche, elles demandent une présence intense. La répétition des sons et de la logique des enchainements a facilité le lâcher-prise et l’entrée dans un état méditatif.
De plus, quand plusieurs personnes chantent en même temps dans un mouvement, l’atmosphère devient très particulière. La salle entière semble vibrer doucement. On ressent le souffle collectif, les résonances, les silences entre les sons. C’est une vrai pratique collective. À certains moments, j’avais presque l’impression que la posture devenait secondaire. Le vrai travail se faisait à l’intérieur : dans la respiration et les vibrations, dans la manière dont le son oblige à se caler sur son rythme.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est justement cette absence totale de démonstration physique. On n’est pas là pour réussir une posture impressionnante. La pratique invite plutôt à écouter ce qui se passe intérieurement : le souffle, les tensions, les émotions parfois. La voix joue alors un rôle central et révélateur parfois. Elle oblige à être présent·e. Impossible de penser à autre chose quand on maintient un son long et stable tout en respirant consciemment.
Je suis ressortie de la séance à la fois ancrée et pleine d’énergie, avec la sensation d’avoir autant travaillé la respiration que le corps lui-même. Je comprends que cette pratique puisse étonner de prime abord. Vue de l’extérieur, chanter des voyelles dans des postures en mouvement peut sembler étrange. Pourtant derrière cet aspect inhabituel, j’ai découvert une pratique très cohérente, centrée sur l’énergie, le souffle et la conscience du corps.
Finalement, le yoga irano-égyptien c’est pour moi une exploration sensorielle et respiratoire, une manière de relier mouvement, souffle et son. Une pratique que j’ai envie d’approfondir.
Pour en savoir plus, voici le site de Patrick qui proposera un atelier le dimanche 14 juin à Vezin-Le-Coquet.







