J’ai testé le Munz Floor : une expérience aussi lente qu’intense
Depuis environ un an, j’entends parler du Munz Floor, et cette pratique n’a cessé d’éveiller ma curiosité. Elle m’attirait particulièrement parce qu’elle semble proche de ce que je développe autour de la lenteur et de l’écoute fine des sensations. Pourtant, je ne savais pas exactement à quoi m’attendre en réservant ce premier cours : des mouvements lents, accessibles à toutes et tous, sans cardio, sans performance. Juste bouger autrement, dans une lenteur hors norme. Et c’est précisément ce ralentissement extrême et cette simplicité apparente qui m’a donné envie d’aller voir de plus près.
En tant qu’enseignante de yoga, j’aborde toujours ce type d’expérience avec un regard un peu particulier. Je suis attentive à la pédagogie, à la qualité des consignes, à la manière dont le corps est amené à explorer le mouvement. Et dès les premières minutes, quelque chose m’a parlé. Il y avait là une approche qui résonnait profondément avec ce que je cherche moi-même à transmettre aussi bien en sophrologie qu’en yoga.
J’ai tout de suite apprécié l’ambiance calme, un dimanche matin, dans cette salle de danse derrière les Champs Libres à Rennes. On s’allonge sur des tapis de yoga, bien disposés et espacés entre eux. Je ferme les yeux, je rentre dans ma bulle. L’enseignante, Aurore Marguerin, commence à parler d’une voix posée. Elle ralentit le rythme pour nous aider à décélérer. Chaque mot semble choisi avec soin. Elle guide sans jamais brusquer, décrit les mouvements avec une grande finesse, nous invite à nous mouvoir en prenant conscience de chaque millimètre parcouru. Entre chaque mouvement au ralenti — une pause — le corps soupire et se relâche un peu plus… Aurore veille à ce que les placements soient les plus justes pour chacun·e. d’entre nous. Il y a quelque chose de très apaisant à se laisser porter comme cela, les yeux fermés, sans le regard des autres.
Le Munz Floor n’est pas uniquement une pratique douce. C’est une exploration méthodique du corps, basée sur des spirales continues. On enroule, on déroule, on laisse le mouvement voyager de la tête aux pieds. Le rythme est lent — extrêmement lent — mais cette lenteur est exigeante. Elle oblige à rester présent·e, à ne pas tricher. Impossible de se laisser porter en pilote automatique. Une grande concentration est de mise.
J’ai été particulièrement touchée par la qualité de transmission d’Aurore. Elle a cette capacité à rendre limpides des consignes pourtant très fines, sans jamais surcharger. Sa voix devient un véritable support d’attention. Elle installe un climat de confiance immédiat : on se sent libre d’ajuster, de ressentir sans chercher à bien faire. Une approche que je reconnais et que j’essaie autant que possible de transmettre dans mes cours de yoga ou séances de sophrologie : laisser de l’espace à l’expérience individuelle. Ses indications, toujours pertinentes et mesurées, suffisent à transformer profondément la perception du mouvement.
Concrètement, le travail se fait beaucoup autour de la colonne vertébrale. On explore des spirales qui mobilisent chaque segment, on joue avec la gravité. Par moments, mes membres m’ont semblé lourds et le mouvement m’a paru saccadé tellement je ralentissais. À d’autres moments, le mouvement est devenu plus fluide et mon corps plus léger.
Dès le début de la pratique, je ressens quelque chose de très subtil qui s’installe de façon progressive. Une chaleur diffuse dans le corps, une activation en profondeur. Je sens des zones en tension qui commencent à se relâcher. Au fil de la séance, une sensation étrange et agréable : mon corps me semble à la fois plus dense et plus léger. Comme s’il s’enfonçait dans le sol tout en se déliant de l’intérieur. Les spirales deviennent plus fluides, plus naturelles. Je perds la notion du temps. Il y a quelque chose de méditatif dans cette répétition lente et consciente — une qualité d’attention, avec le mouvement comme support de présence.
Les effets sont subtils mais très nets. En me redressant à la fin de la pratique, je me sens très ancrée. Et en me remettant debout puis en reprenant la marche, j’apprécie cette délicieuse lenteur de tortue. Je suis bien présente dans chacun de mes mouvements. Même ma façon de marcher a changé, plus stable, plus posée mais aussi plus fluide.
Dans les heures qui suivent, j’observe une détente profonde dans tout le corps, une grande fatigue mais aussi une forme d’énergie calme, durable. Le lendemain, pas de courbatures classiques, mais une sensation d’avoir travaillé “en profondeur” : un corps ressourcé, plus vivant et toujours cette densité dans tout le corps.
Et puis, il y a l’effet sur le mental. Une vraie décélération. Moins de dispersion, plus de clarté. Comme si ce travail lent, précis, presque introspectif, avait réorganisé quelque chose au-delà du physique.
Ce que je retiens, en tant qu’enseignante, c’est à quel point cette pratique vient nourrir ma propre vision du mouvement. Elle confirme que ralentir n’est pas “faire moins”, mais au contraire aller beaucoup plus loin dans la perception. Elle me donne aussi envie d’intégrer encore davantage ces explorations spiralées, cette lenteur habitée, cette finesse dans mes propres cours.
En conclusion, je dirais que le Munz Floor est une pratique discrète, presque invisible de l’extérieur, mais profondément transformative de l’intérieur. Et avec une enseignante d’une telle qualité de présence et de transmission, l’expérience prend une dimension encore plus forte. Une vraie découverte, autant personnelle que professionnelle.
Voici le lien pour découvrir Aurore, enseignante de yoga et coach certifiée Munz Floor.







